• Carillons et Tours de Belgique

     

    En 1994, le Crédit Communal de Belgique a édité Carillons et Tours de Belgique. Cet ouvrage de G. Huybens, dir., est repris dans la collection Musea Nostra dirigée par J.M. Duvosquel et J. de Geest, Bruxelles.

    Une douzaine d'auteurs ont contribué à ce merveilleux album évoquant quantité d'aspects de cet intéressant sujet : fonte et baptême d'une cloche, origine et essor des carillons dans nos régions, leur saisie par l'occupant nazi, -il en fut hélas d'autres qui eussent mérité d'être relevées-, les fondeurs et constructeurs de carillons en Belgique au XXe siècle, la musique pour carillon, l'école de Malines, la cloche dans la miniature, les emblèmes, etc...

    Ce remarquable travail comprend un répertoire des carillons de Belgique. Celui d'Enghien ne pouvait évidemment pas passer inaperçu. Les pages 94 et 95 y sont consacrées, renvoyant notamment à la synthèse qu'en fit Amé Wibail dans nos Annales, t. X, 1955-1957, pp. 159-186.

    La chronique concernant le carillon d'Enghien débute ici en 1430-1431. Il convient toutefois de relever que, dès 1394-1395, le Magistrat de la ville fit ériger à l'avant-dernier étage de la tour de l'église Saint-Nicolas un beelfroi t ù les clocques d'Enghien pendent, et l'on sait que plusieurs chênes ont été prélevés à cet effet sur la garnison de la ville ; ils furent sciés par Casin Nachtegal et mis en oeuvre par Herne du Bouchout.

    Par ailleurs, R. Darquenne, dans sa remarquable étude sur La conscription dans le département de Jemappes (1798-1813), parue dans les Annales du Cercle Archéologique de Mons, t. 67, p. 56, rapporte qu'en représailles pour avoir sonné le tocsin à l'approche d'une colonne mobile du général Béguinot, les cloches d'Enghien ont été enlevées. Or, ainsi que le relate Ernest Matthieu dans son Histoire de la ville d'Enghien, -on peut au passage regretter que celle-ci ne figure pas dans la bibliographie; elle est d'un grand intérêt (pp. 511-520)-, les Français se "bornèrent" à priver notre carillon de trois clochettes. Celui-ci se fit d'ailleurs entendre peu après en diverses occasions : Fête de la Jeunesse, le 10 germinal an VII (30 mars 1799), anniversaire de la République, le Ier ventôse an VIII (23 janvier 1800), etc., et le budget de la Fabrique de 1810 (Paris A.N., A.F.IV, 482, 3677) fait état d'une dépense de 60 Fr pour l'entretien du carillon.

    Signalons enfin que le clavier d'origine, l'un des plus anciens de Belgique, a été déposé au Musée du Carillon à Malines.

    Yves Delannoy.

     

    Bulletin du Cercle Royal Archéologique d'Enghien - 6/94 - N° 3 - Juin 1994 - pp.50-51.