• En l'abbaye de Saint-Denis en Broqueroie,

    le carillon, fil conducteur d’un spectacle théatral

    par Patrice Poliart

     

    En l'abbaye de Saint-Denis en Broqueroie

    Source : Site de la Ville de Mons


    Avec comme point de départ un fait réel - les visions répétées d'un adolescent de 12 ans - trouvé dans les archives des moines de l'abbaye de Saint-Denis en Broqueroie, près de Mons, Gérard
    Bavay (1) a imaginé et écrit le spectacle théâtral Spiritus, qui relate des faits historiques de la vie de l'abbaye et de la région.

    Pédagogique et humoristique, mais pourtant bien rigoureux sur le plan historique, ce spectacle consiste en sept scènes consacrées aux aspects de la vie monastique jusqu'à l'abandon de l'abbaye après la Révolution française.

    Il a été présenté à deux reprises en soirée du vendredi 28 août 2015, par la troupe Les Passeurs de Rêve.

    Son fil conducteur est le fameux mystère des 7 cloches en or qui n'ont jamais été retrouvées. Chaque scène commence par le réveil, par les cloches d'un carillon, des fantômes de personnages ayant réellement existé.

    En l'abbaye de Saint-Denis en BroqueroieIl fallait donc intégrer un carillon (2) dans le spectacle. Après avoir lu et relu le script, je me suis plongé dans l'esprit de l’œuvre, afin de sélectionner des partitions adaptées aux demandes de l'auteur et du metteur en scène et d'assurer l'ambiance musicale appropriée.

    Durant le quart d'heure précédant le début des représentations, j'ai joué des musiques des périodes Renaissance et baroque, incluant des airs du Montois Roland de Lassus. Ceci a permis d'attirer et de concentrer le nombreux public (près d'un millier de personnes) autour de l'espace de départ du spectacle, le carillon étant maintenu invisible, dans l'obscurité.

    Le spectacle débute par un morceau« énergique» et animé, de manière à réveiller les fantômes précités ; une manière également de signifier au public que quelque chose allait se passer. Pour ce faire, j'ai choisi le dernier mouvement de la suite dorique de Leent'hart, dans lequel j'ai introduit deux phrases musicales du « Doudou », Mons 2015 oblige...

    En l'abbaye de Saint-Denis en BroqueroieEnsuite, sans transition, changement de style : ambiance mystérieuse ; sur un fond de cloche de volée assuré par les deux plus grosses cloches du carillon - actionnées par mon épouse Marie-Christine – improvisation suscitant recueillement et mystère, dans laquelle j'ai introduit le thème de la chanson « Le déserteur », en lien avec un message pacifiste clairement exprimé dans une des scènes. C'est alors que, par des effets pyrotechniques impressionnants, commence vraiment le spectacle. Mon intervention se termine alors que le public se répartit entre les 7 scènes du spectacle.

    A la demande de Gérard Bavay, le carillon demeura à l'abbaye le samedi et le dimanche, excellente occasion de faire découvrir aux visiteurs de passage toutes les possibilités de cet instrument, sur lequel quelques amies carillonneuses ayant répondu à mon appel ont joué (3).

    En l'abbaye de Saint-Denis en Broqueroie

    L'amitié était au rendez-vous et la bière locale, la Broqueroise, coula… raisonnablement !

     

    (1) Gérard Bavay est sonégien, Docteur en Histoire et membre de l’ASBL Les amis de l’abbaye de Saint-Denis.
    (2) En l’occurrence le carillon ambulant de la cavalcade Hanswijck de Malines (Mechelen).
    (3) Chantal Willems (Ostende), Chantal Mollet (Ath), Francine Berte (Soignies), en plus de mon épouse Marie-Christine.

     

     

    Patrice Poliart

    Air des cloches extrait de "Les cloches de Corneville" de Robert Planquette
    sur
    le carillon mobile le 29 août 2015

     

    et quelques photos

     

     

    Sources :

    Le Bulletin Campanaire de l'Association Campanaire Wallonne, a.s.b.l. - n° 84 - 2015/4 - pp. 32-33.
    Patrice Poliart.