• François Clément et le carillon de Tournai

    Le dimanche 28 juin 2015, pendant la procession de la Saint-Jean, un concert de carillon a été donné par François Clément, carillonneur au beffroi de Tournai.

    Le carillon d'Enghien - Actualités

     

    Court extrait de Suite archaïque de G. Clément


    François Clément est né à Tournai le 29 août 1974, marié et père de 2  enfants. Il suit les cours de solfège, de piano et de carillon à l'Académie de musique d'Ath, dans la classe du maître carillonneur Jean-Claude Molle, et poursuit ses études au Conservatoire de musique de Tournai. Il est ingénieur en pédagogie multi-média, expert en e-Learning, et est professeur dans les enseignements secondaire et supérieur pédagogique.

    En 2000, François est titulaire du carillon de la Ville de Tournai à la suite de son grand-père Maurice (1952-2000) et de son grand-oncle Georges dit Géo (1921-1969). Depuis 2004, il est co-titulaire du carillon de la Ville de Tournai avec Pascaline Flamme et Thierry Bouillet.

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    Photo l'avenir.net

     Programme

    1. Prélude de Van de Plas
    2. Bourrée de G. Clément
    3. Suite archaïque de G. Clément

    (par Frank Steijns sur le carillon mobile d'André Rieu)

    4. Les cloches de Notre-Dame de A. Minken*
    5. Les feuilles mortes de J. Kosma*
    6. O sole mio de E. di Capua*
    7. La mer de Ch. Trenet – A. Lasry**

    (par Jeffrey Bossin à Tiergarten Berlin)

    8. This is my song de C. Chaplin*
    9. Gavotte de W. de Fesch
    10. American Patrol de F. W. Meacham**
    11. Strangers in the night de B. Kaempfert*
    12. Petite fleur de S. Bechet*
    13. Les Cheonq Clotiers de A. Le Ray*

    * Adaptations de M. Clément
    ** Adaptations de J.-Cl. Molle

     

     Le carillon et le beffroi de Tournai

     

    Le Beffroi de Tournai est le plus ancien de Belgique. Sa construction aurait débuté en 1188. Il est inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO. Sa hauteur est de 72 mètres, et 258 marches doivent être gravies pour arriver au sommet.

    Le beffroi de Tournai symbolise les libertés communales. La plus grosse cloche, la Banclocque, date de 1393 et pèse environ 5 tonnes !  Elle avertissait la population des procès et exécutions, invasions, incendies,... Le beffroi a servi de tour de guet, de prison, de clocher et d'Hôtel de ville. Le sommet offre le plus beau panorama de Tournai et de ses alentours.

    Un peu d'histoire ...

    En 1188, le roi de France, Philippe Auguste, voulant s'assurer un allié pour combattre le Comte de Flandre, octroie aux Tournaisiens une charte accordant notamment le « droit de cloche ». Une des conditions de cette charte veut que la cloche, jusqu'alors privilège du clergé et de la noblesse, doit être abritée dans un « lieu convenable ». Il est ainsi décidé de construire un beffroi, lequel deviendra le symbole des « Libertés communales ».

     

    Dès 1294, le beffroi, dont la hauteur à l'origine n'excédait pas 30 mètres, est rehaussé. La raison en est simple : avec la construction du choeur gothique de la cathédrale, située juste à proximité, il faut permettre au guetteur de voir au-delà de l'édifice religieux, et au beffroi de continuer à exercer son rôle de tour de guet et de protecteur de la cité (approche de l'ennemi, incendies,...).

    Suite à l'incendie de 1391, le beffroi fait l'objet de réparations entre 1392 et 1400. De nouvelles cloches sont fondues et jouent un rôle primordial car elles ont une fonction de « communication ». Ce n'est qu'en 1535 que les Magistrats de la Ville doteront le beffroi d'un carillon. De nouveaux décors apparaissent : dragon, sirènes, tritons et bannières. A côté de ce rôle civil, le beffroi aura également un rôle judiciaire en étant une prison « communale  ».

    Son aspect changera peu au cours des siècles suivants. Toutefois, en 1844, la Ville décide de le restaurer. Bruno Renard, l'architecte chargé des travaux, n'hésite pas à modifier l'aspect du beffroi pour le rendre plus conforme à sa vision de l'architecture gothique.

    En 1948, les « Hurlus », statues qui surmontent les quatre tourelles d'angle et qui représentaient le canonnier, le joueur à glaive, l'arbalétrier et l'archer, sont remplacées par quatre nouvelles statues de modèle identique sculptées par Stella Laurent et représentant un communier (bourgeois d’une commune).

    En 1992, le beffroi ferme ses portes pour une nouvelle campagne de restauration... pour être de nouveau accessible au public en 2002. Le carillon a, quant à lui, été restauré en 2004.

    Tchorski a réalisé un important et magnifique reportage sur le beffroi, le carillon et ses cloches. A suivre ici...

     

    Sources :

    François Clément
    Site de la ville de Tournai

    Archeologia.be
    Guides de Tournai
    Photo Beffroi : Jean-Pol Grandmont