• Histoire des cloches de Marcq

    Histoire des cloches de MarcqLa restauration récente de la tour et des toitures de la vénérable église de Marcq a été marquée par la descente du clocher et l’infrastructure des cloches. Cela a permis de refaire quelque peu leur histoire et de mieux les connaître.

    Le clocher où avaient élu domicile une centaine de pigeons et le mauvais état de la charpente en interdisaient tout accès depuis plusieurs années.

    A l’origine, le clocher comptait trois cloches. Alors que deux cloches existent encore, le berceau de la troisième demeure désespérément vide. Qu’est-elle devenue ? Malgré de nombreuses recherches dans les archives paroissiales, aucune information n'existe concernant l’histoire des cloches. L'on ne peut donc se livrer qu'à certaines hypothèses.

    Au cours des derniers siècles, le bronze était un objet de convoitise pour les différentes armées d’occupation, en vue de la fabrication de canons de plus en plus puissants.

    La Révolution française avait provoqué l’invasion de nos territoires. Par arrêté daté du 13 juillet 1793, la République confisquait la plupart des cloches, une seule devant subsister dans chaque église.

    Au moment de l’enlèvement des cloches par les français (1794), trois cloches étaient présentes dans le clocher. Deux furent enlevées. Seule la cloche nommée Martin et datant de 1768 resta en place.

    Les deux cloches furent remplacées : l’une, du nom de Jean-Marie, en 1820.

    La troisième dont la date est gravée dans le berceau (1882), et dont on ne possède aucune information, fût enlevée une seconde fois par les allemands durant la guerre 1914-1918, et jamais remplacée.

    Voici les détails concernant les cloches encore présentes :

    La première, la plus ancienne, la plus importante et la plus grosse, du nom de Martin, le nom du saint patron de l’église, date du 18e siècle. Elle est, semble-t-il, plutôt le fruit de dons de particuliers, en l’occurrence de son parrain, Nicolas Walraevens « pastoor van Mercke » et de sa marraine, Mademoiselle Caroline Thérèse Luycx, béguine.

    Elle pèse environ 1.100 kg et mesure 0,90 mètre, le diamètre à la base étant de 1 mètre et la hauteur du battant de 1,10 mètres. Le fondeur est un certain Joseph Simon.

    Sa surface extérieure est ornée de trois bandes en relief ; celles de la partie supérieure sont au nombre de quatre dont les trois premières comportent un texte en vieux flamand et dont la quatrième est ornée d’un décor floral stylisé, composé de palmettes, de courbes et contre-courbes de bonne qualité artistique.

    Sur la bande inférieure se trouve écrit un texte, en vieux flamand, reprenant les noms des fondeurs. La traduction française de ce texte est la suivante :

    Martin est mon nom.
    Mon son est agréable à Dieu, aussi loin que l’on puisse m’entendre.
    J’ai été fondue en l’an 1768 et j’ai eu pour parrain M. Nicolas Walravens, curé de Marcq, et pour marraine Melle Caroline Thérèse Luycx, béguine.
    Que Dieu les protège tous.
    J'ai été fondue par Joseph Simon. »
     

    La deuxième cloche, du nom de Jean-Marie, a pour parrain Jean-Joseph Huwart et pour marraine Marie-Thérèse Van der Perre. Elle est nettement moins grande, puisqu’elle ne pèse que 350 kg. Sa hauteur est de 0,45 mètre, son diamètre à la base de 0,55 mètre et son battant d’une hauteur de 0,60 mètre. Sa décoration comprend, sur une face, la représentation d’un évêque facilement reconnaissable à ses attributs ; la mitre et la crosse. L’anneau et la croix pectorale semblent ne pas avoir été représentés.

    Elle comprend comme dans la précédente, des bandes parallèles au nombre de quatre, séparées par de fines arêtes en relief.

    La première, la bande supérieure, est décorée de feuilles de chêne et de glands stylisés. Les trois bandes inférieures comportent le texte en français suivant :

    « Mon parrain
    Jean Joseph Huwart  
    Ma marraine  
    Marie-Thérèse Van der Perre  
    Mon nom est Jean-Marie
    Fondue par Habert et les Drouot en l’an 1820 »

     

    Source : Brochure réalisée dans le cadre de la participation de la paroisse à la  journée "Eglises Ouvertes", le 9 juin 2009, pp. 8-9.