• La culture du carillon de Belgique

    mise à l'honneur par l'UNESCO, le 18 septembre, à Bruxelles
    par Serge Joris

     

     

    La culture du carillon de BelgiqueFin 2014, l'UNESCO inscrivait la culture du carillon de Belgique dans son registre des meilleures pratiques de sauvegarde de patrimoine immatériel, reconnaissant ainsi l'expérience multiséculaire de la Belgique en matière de développement et de transmission de cette culture (1).

    Pour la remise officielle du certificat attestant cette inscription, un groupe de travail constitué de représentants des Commissions UNESCO des Communautés flamande, francophone & germanophone de Belgique et de représentants des associations de carillonneurs du nord (VBV) et du sud (ACW) du pays a mis sur pied un programme s'articulant, le 18 septembre, en trois endroits "stratégiques" de la capitale : le Mont des Arts, l'Hôtel de Ville et la cathédrale des Saints-Michel-et-Gudule.


    Animation au Mont des Arts

     

    UNESCO 1

    Carillon ambulant de Douai

    La culture du carillon de Belgique

    Carillon ambulant au Mont des Arts
    (Photo ACW)


    Lieu de passage entre le cœur historique et le haut de la ville, le Mont des Arts était l'endroit idéal pour faire entendre dès le matin le son d'un carillon. De 9h30 à 13h, une quinzaine de carillonneurs et carillonneuses (étudiants représentant di­verses classes ou écoles de carillon du pays et carillonneurs professionnels) se sont relayés au clavier du carillon ambulant de Douai, pour le plus grand plaisir des piétons et touristes de passage, qui ne boudaient pas leur plaisir de pouvoir entendre et voir là un instrument de cette taille.

     

    Cérémonie officielle à l'Hôtel de Ville


    La remise officielle du certificat UNESCO a eu lieu en début d'après-midi en la prestigieuse salle gothique de l'Hôtel de Ville de Bruxelles, en présence d'un public de plus de 250 personnes, constitué d'autorités culturelles, de membres du corps diplomatique, de carillonneurs et de sympathisants du carillon.

    La culture du carillon de Belgique

    L'Hôtel de Ville de Bruxelles

    La culture du carillon de Belgique


    Le public lors de la cérémonie de remise du certificat UNESCO
    (Photo S. Nieuwinckel)

     

    Karine Lalieux, Échevine de la Culture, a ouvert la séance académique en rappelant le rôle socio-culturel du carillon en général et particulièrement la place qu'il occupe dans la capitale (dont le centre-ville compte deux carillons de concert et un carillon automatique).

    Les présidents des Commissions UNESCO des Communautés flamande (Marc Vervenne, ex-recteur de l'Université de Leuven) et francophone & germanophone de Belgique (Philippe Busquin, Ministre d'État et ex-Commissaire européen) ont paraphrasé ce rôle et mis l'accent sur les diverses missions de l'UNESCO, dont la sauvegarde de patrimoine immatériel.

    La parole fut ensuite donnée à Salvatore Mineo, Chef du Bureau de liaison de l'UNESCO auprès des Institutions Européennes à Bruxelles, qui a développé ce sujet puis remis le certificat UNESCO à Frank Deleu (président de la Vlaamse Beiaardvereniging) et Serge Joris (vice-président de l'Association Campanaire Wallonne, remplaçant son président, Jean­ Christophe Michallek, empêché).

     

    La culture du carillon de Belgique

    De g. à dr.: S. Mineo (UNESCO), F. Deleu (VBV) et S. Joris (ACW)
    lors de la remise du certificat UNESCO (Photo S. Nieuwinckel)

    Dans leur allocution de remerciement, ces derniers ont tenu à remercier ceux et celles ayant contribué à la candidature de la culture du carillon auprès de l'UNESCO. Ils ont également souligné combien la reconnaissance octroyée par cet organisme constitue, pour les propriétaires de carillons, les carillonneurs, les équipes qui les entourent, comme pour les responsables de l'enseignement du carillon, les compositeurs, etc., une incitation à prendre de nouvelles initiatives en vue d'entretenir et de développer cette culture.

     

    Animation au parvis de la cathédrale des Sts-Michel-et-Gudule.

     

    La culture du carillon de Belgique

    Réception et concert à la cathédrale (Photo ACW)

    Les participants à la cérémonie se sont ensuite déplacés vers le parvis de la cathédrale Saints-Michel-et-Gudule pour la réception officielle, agrémentée de l'audition "interactive" du carillon de la cathédrale, devenu à cette occasion « le plus grand juke-box au monde » : au moyen d'une application pour smartphone, spécialement développée pour l'événement, le public était invité à choisir parmi une liste de 40 titres, les morceaux qu'il souhaitait entendre en direct au carillon, avec Kenneth Theunissen (VBV) et Pascaline Flamme (ACW) au clavier. Last but not least, les participants ont pu notamment déguster la « bière de carillon » (2), récemment développée.

    Le tout se clôtura par une majestueuse sonnerie du plenum de la cathédrale.


    Désormais, un Comité de pilotage (3) prend le relais pour accompagner les acteurs de terrain en Flandre et en Wallonie dans leurs efforts de sauvegarde et développement de la culture du carillon. La prochaine activité prévue par ce comité est le colloque qui aura lieu le 22 avril prochain autour du thème : « Comment renforcer la culture du carillon en tant que
    patrimoine dynamique ? ».

     

     

    (1) Cliquer ICI pour lire l'article sur la "Reconnaissance par l'UNESCO de la culture du carillon en Belgique", par Luc Rombouts.


    (2) UNESCO 1"Beiaardbier"  Broeder Jacob ® (Frère Jacques...).

     

     

     

    (3) Dénommé Carillon Heritage Committee, ce comité est composé de représentants de la Vlaamse Beiaarvereniging, de l'Association Campanaire Wallonne et des services en charge du patrimoine immatériel en Communauté Flamande et Française de Belgique.

     

    Source :

    Le Bulletin Campanaire de l'Association Campanaire Wallonne, a.s.b.l. - n° 84 - 2015/4 - pp. 22 à 25.